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Les matières grasses saines vous laissent perplexe? Un éminent professeur répond aux questions les plus courantes sur le sujet.

Il ne faut pas s’étonner que nous soyons si nombreux à ne pas savoir à quoi s’en tenir en termes de saine alimentation. Même les diététiciens changent constamment d’avis au sujet de ce qu’il faudrait manger et ce qu’il faudrait éviter. Si les matières grasses vous laissent perplexe, Roger Clemens, DrPH, CFS, CNS, FIFT, FACN, FIAFST, professeur de recherche pharmaceutique à l’Université de Californie du Sud, peut vous aider. À l’occasion de la Conférence PINC (Palm International Nutra-Cosmeceutical) de 2015, il a expliqué que des matières grasses saines comme l’huile de palme durable de Malaisie faisaient partie intégrante d’une alimentation saine et équilibrée.

Q : Quelles sont les dernières recommandations alimentaires au sujet du cholestérol ?

Dr Clemens : Selon le rapport de 2015 du Comité consultatif sur les recommandations alimentaires américaines, le cholestérol ne constitue plus un nutriment préoccupant. Les preuves disponibles ne révèlent aucun lien significatif entre la consommation de cholestérol alimentaire et le cholestérol sérique. Ceci corrobore les conclusions du rapport de l’American Heart Association et de l’American College of Cardiology.

Q : Le cholestérol est présent dans le beurre et dans d’autres produits d’origine animale. Est-ce que ce nouveau rapport encourage à nouveau la consommation de beurre ?

Dr Clemens : Ce n’est pas aussi simple. Les consignes ont établi qu’un régime faible en calories et en aliments d’origine animale est meilleur pour la santé et produit un impact environnemental plus faible que l’actuel régime américain. Même si le cholestérol alimentaire n’est pas un objet de préoccupation, ce rapport ne constitue pas un encouragement à manger autant de beurre que nous le désirons. Nous devons faire preuve de modération dans la consommation de tous les aliments si nous voulons profiter de leur effet bénéfique sur notre santé.

Q : Comme dans le cas du cholestérol, les consignes d’alimentation qui portent sur la consommation de matière grasse totale et de gras saturés ont aussi été modifiées au fil des ans. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

Dr. Clemens : La science nutritionnelle est dynamique. Dans les années 80, les recommandations alimentaires incitaient les consommateurs à éviter une trop grande consommation de matière grasse totale et de graisses saturées. Avec le temps, les recommandations concernant la consommation de matière grasse totale ont été révisées à la hausse et en 2010, elles conseillaient que 35 % des calories quotidiennes proviennent de la consommation de matières grasses. Le résumé analytique de 2015 ne suggère aucune limite maximale pour la consommation de matière grasse totale. Les consignes en matière de graisses saturées ont évolué de la même manière et on considère actuellement qu’elles devraient constituer jusqu’à 10 % d’un régime sain. On conseille de remplacer les graisses saturées par des graisses polyinsaturées et des graisses monoinsaturées. Cette façon de voir les choses pourrait changer cependant. Les données actuelles ne corroborent pas clairement les recommandations qui encouragent une consommation élevée d’acides gras polyinsaturés et une faible consommation totale de graisses saturées si l’on veut avoir une bonne santé cardiovasculaire.

Q : Devrait-on adopter une alimentation faible en gras ?

Dr. Clemens : Les régimes faibles en gras sont déconseillés. Les conseils diététiques actuels mettent l’emphase sur l’optimisation des types de graisses alimentaires et non sur leur réduction totale. « L’approche tenant compte uniquement des macronutriments est dépassée », soutient le professeur de nutrition et d’épidémiologie Frank Hu, MD, Ph.D. de l’Université Harvard. « Je crois qu’à l’avenir, les recommandations alimentaires mettront plus d’emphase sur la consommation d’aliments réels plutôt que de donner une limite maximale absolue pour la consommation de certains macronutriments » ajoute-t-il. L’épidémiologiste cardiovasculaire Rjiv Chowdhury, Ph. D., de l’Université Cambridge, ajoute : « À mon avis, ce n’est pas nécessairement des graisses saturées qu’il faut se méfier. »


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